Policiers et gendarment bastonnent les victimes de la construction du barrage

Le premier ministre Duncan Kablan a effectué une visite sur le site de l’aménagement  hydroélectrique de Soubré le vendredi 04 mars 2016 en vue de s’imprégner des réalités de la construction du barrage de Soubré. Cette visite qui devrait être une belle occasion pour que les populations victimes exposent leurs difficultés au chef du gouvernement ivoirien, a été un pire cauchemar.  Alors qu’elles attendaient  le passage du premier ministre á Kouamékro où se trouve le site d’évacuation de crue, des gendarmes de l’escadron de Soubré et des policiers les ont tabassées. Leurs  pancartes ont été cassées et leurs banderoles sur lesquelles elles  avaient exposé leurs doléances, déchirées.

la population de kouamékro crie sa douleur

 Elles étaient plusieurs centaines le vendredi à attendre la visite du premier ministre. Pour les victimes, c’était une première occasion pour exposer leurs souffrances au chef du gouvernement. Elles s’étaient donné rendez-vous á Kouamékro  où Kablan Duncan allait passer pour regagner le site d’évacuation de crue qu'il va visiter. Mais cette occasion ne leur sera pas donnée. En effet,  des gendarmes de l’escadron de Soubré et des policiers  ont fait irruption pour déchirer les banderoles et casser les pancartes. Un gendarme que nous avons approché nous a expliqué « le préfet ne leur a pas autorisé de montrer ces pancartes ». Qu’est ce qui pourrait tant gêner le préfet Aliali Kouadio à travers ces doléances ? Voici par exemple quelques phrases que nous avons pu retrouver sur des pancartes endommagées: « Etat sauve nous! », «  plantations détruites, indemnisation zéro = enfants déscolarisés, famine » ; « Akwaba premier ministre, barrage d’accord  condition de vie d’abord »…Mais le discours du premier ministre après la visite des sites, allait apaiser la colère de cette population. En effet, selon M kouamé chef du village de Kouamékro « le premier ministre est venu et il a dit dans son discours qu’il a bel et bien vu que la cité de Kouamékro n’est ni achevée ni habitée contrairement á ce qu’on fait croire au gouvernement à Abidjan.  Il a même dit que sur trente villas qu’on dit prêtes, il n y a que seize qui sont en réalités prêtes. Il a donc vu les conditions inhumaines dans lesquelles le préfet et CI-Energies  voulaient nous pousser à vivre » En tout cas pour les victimes,   le chef du gouvernement ivoirien doit  prendre des mesures urgentes afin qu’elles soient indemnisées. « Nous avons perdu toutes nos plantations et nos terres, il faut que nous soyons indemnisés. Nous ne sommes pas des rebelles comme nous traite le préfet. Nous aimons notre pays autant que lui » a déclaré un jeune planteur du village de Kouamékro. Jusqu’à présent les victimes de la construction du barrage de Soubré sont nombreuses. Les populations qui ont perdu leurs plantations n’ont pas encore été indemnisées. Les propriétaires terriens n’ont perçu aucune indemnisation. La famine fait ravage dans les villages impactés par la construction du barrage. Des enfants ne vont plus à l’école. La mort frappe aux portes puisque les parents n’ont plus d’argent pour aller à l'hopital.«Je viens de perdre ma mère parce que mon papa n'a pas eu de l'argent pour la soigner...Même nous venons de perdre le président des jeunes de kouamékro» C’est le message que cette population meurtrie a voulu donner au premier ministre. Malheureusement elle a été violentée par des forces de l’ordre pour ne pas que le chef du gouvernement perçoive sa misère. On se pose encore la question pour savoir qui a intérêt à ce que le premier ministre ne voie pas les doléances des populations. Pourquoi ces gendarmes et policiers sont allés casser les pancartes et banderoles des victimes de la construction du barrage de Soubré. Que cache le préfet de Soubré?

Colbert Kouadjo in Le Nouveau Courrier d’Abidjan